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Bourriez :: Blog

September 07, 2008

dimanche le doigt coincé dans la chevelure bouclée des horizons à revoir les projets à réétudier la main démange au bord à l'extrême des plans et des pics vers midi l'envie du poing dans la gueule au castor au bec des avenirs trompeurs les oeufs dans les assiettes blanches yo la cafetière grésille l'ombre au thé la cigarette entre les lèvres d'ailleurs ce sont les planches qui grincent yo la braguette à l'orée des arbres sur les odeurs d'urine il paraît que là-bas à la maison dite de l'herbe les tuyauteries déconnent et allongés sur lit de mousse deux corps l'un sur l'autre les doigts en érection sur le désert et le roc méthapore des minéraux sur les lierres libres des façades obliques les fondations avaient par ailleurs déjà bougé au vertige de l'amour au dos du lézard dans les fougères une sorte de symbolisme à l'arrière de qui la pierre en cristaux le long des averses une figure du dais mosaïque nous rejoindrons appel au destin les dromadaires

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September 02, 2008

Il m'arrive - souvent avant le diner, dans le creux du ventre - une fragilité que j'accentue en écoutant de la musique. Il me semble être ouvert - comme à vif et plus réceptif à ce qui m'entoure en même temps que la conscience d'une limite qui inscrit une distance entre moi et les choses. Ce n'est peut-être rien d'autre qu'un effet de la faim. D'où je suis, je vois les lumières de la ville s'allumer, je vois la montagne à l'arrière - le Salève - dans la pénombre, je vois la pointe de la cathédrale Saint-Pierre, je vois les trains arrêter pour la nuit vides: c'est calme. C'est l'invasion du calme et le début d'une autre atmosphère tandis que je pense à la journée que j'ai passée - à ne rien faire. J'aperçois une lumière dans la montagne, je deviens curieux: je me demande. J'interroge ce qui me fait encontre. Je repense à la discussion de cette artiste Philippe Ramette. Et je me dis que je suis à des années lumières de cette scène et je me revois partir de là étourdi avec dans le fond une vive déception: de l'amertume. Je pense aussi à ce que demain pourra être: une longue et interminable journée de plus. Des désirs irrésolus - jusqu'à la bouture. Je pense souvent à Samuel, le personnage du roman que je suis en train d'écrire. Je l'imagine au sommet d'une montagne, je l'imagine contempler tout ce qu'il surplombe. J'imagine le sentiment de liberté qu'il a à ce moment là.

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oui oui tout le monde connaît ça qui n'a pas caché à revers lui un territoire au crayon un parc pour les enfants avec les tobogans les chevaux à bascule les balançoires le carré de sable et les bancs pour les mamans les friandises dans les poches le bouteille de sirop pour les 4 heures enfin le bonheur de l'insouciance et de la joie mais aujourd'hui si je trace au crayon quelques lignes insignifiantes ce sera pour une affaire plus sérieuse car voyez vous ils m'ont mandaté pour écrire un texte autour de la notion de territoire des gens de l'art contemporain pour qui les réseaux les flux et es concepts fusent comme des petits pains alors c'est avec sérieux que je me dois après une promesse orale pondre un petit texte autour de ce mot de territoire qui il faut bien l'avouer m'ennuie énormément et tandis que la demi de 4 heure va sous peu sonner le texte reste encore inabouti et qu'il me faut m'y mettre au plus bref instant alors que j'ai passé le reste de la journée à someiller dans mon lit à ruminer des rêves nouveaux insouciant à mon habitude au délai et contrainte mais pour une fois il s'agirait de ne pas décevoir de tenir pour un coup une promesse folle soit mais promise et de tracer ou de frapper des phrases sur ce sujet qui m'a l'air si technique et barbare et que je préférerais regarder des photos de filles nues en me grattant le bas du ventre, aller me promener dans  un parc et admirer les mamans des petits enfants qui joues dans le carré de sable ou sur une balançoire m'allonger sur l'herbe de la fin du mois d'août et flaner le reste du temps dans les nuages à la recherche d'une forme fantasque et drolatique à la plce de quoi je dois me courber à circonscrire un sens autour des territoires moi qui me fourre tous les jours dans mon terrier pour fuir le soleil et le castor mon ennemi alors se pencher d'une coup et sans assouplissement sur une tache pareille c'est un peu comme c'est inhumain c'est inconséquent de ma part d'avoir osé presque par défit tenir une promesse de cette sorte surtout qu'il me reste pas mal de chantier en cours de route des chantiers que l'été m'a fait négliger repousser fignoler rabrouer tousser marcher sur l'eau non une promesse comme celle là c'est une pure folie par les temps qui courent et si je la trahirai je serai le plus infâme chenapan de tout le territoire

prendre possession du territoire cela ne va pas sans force ni sans arme il faut des tas de soldats en forme et équipés solides et de roc une armada en fer et le cri sauvage s'il en est non la possession du territoire comme celle de mon sujet est une affaire de héros et d'aventuriers de mercenaires et de priates de gens braves et courageux et non pas de cette canaille qui coule dans mes veines canaille aux dents carriées canaille de la pire espèce que jamais territoire n'a connu brigand soulard couille molle et autres

mais cette fois je voudrais juste pour me rigoler un peu tenir à ce que je ne tiens pas à cette image frelatée que je tiens devant les gens et à laquelle je ne crois pas le moins du monde tenir au contraire de moi-même car c'est cela que j'expose à tous les autres qui eux me croient avec gentillesse me poussent avec componction alors que j'aime dix mille fois mieux faire une sieste au beau milieu de l'après-midi que de devoir m'affronter à mes ambitions qui ne sont qu'un collage des grandes figures de ce monde passé présent futur 

je me crois voyou avant tout grande gueule pour toujours et zéro pointé dans l'authentique que je repousse me revoilà donc couillon à devoir faire ce que je déteste par dessus tout me contraindre à un devoir quand bien même ma promesse fut sincère merde et merde me revoilà encombré dans mon propre piège à moules et cela me donne à penser à ces frites et ces moules que j'avais aspiré l'autre année à Paris où je m'étais fait un petit voyage gastronomique dans la captiale des capitales Paris ma belle Paris mon beau gibet

 

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August 31, 2008

vaguement la tête dans les nuages la journée fut belle calme élégante le Rhône limpide majestueux vaste la promenade agréable légère le train proche bruyant fort l'après-midi suave ardent et mou au retour la fatigue à revers dans l'appartement un chambre nouvelle une nouvelle adresse les meubles placés les livres à l'arrière le soleil tombe restant des lueurs ici commence une aventure une ballade une promenade et des péripéties la femme est absente cette nuit alors dans la solitude des premiers septembre j'élabore des plans qui me mèneront autre part dans le tout de l'ailleurs je vagabonde le corps plié et des projets auxquels je m'initie c'est le moment critique où peuvent venir aux yeux les larmes et tout le passé ressurgir dans une seule et unique image impossible à recevoir ce pourrait être un autre regard sur le sublime je sais bien que personne ne vient lire ces lignes et que ce blog ressemble mieux au journal le plus intime et secret que je n'aie jamais entrepris peut-être que Urs viendra quand même un coup jeter un oeil sur ces lignes molles et insignes mais tant pis le secret ne sera pas plus dévoilé car cela fait depuis la nuit des temps que le détenteur du secret sait qu'il n'y a rien dans les poings qu'il serre dans son dos le vide du secret passer dans un différent élément prendre une douche nettoyer le passé proche oublié ce que hier ai-je fait et se remettre au combat ouvrir un volet une bataille l'épingle à nourrice les dents perdues le claquement des portes au-dessus l'avenir qui ne cesse d'approcher indémontrable

cette nuit au Shrak dans la foule des gens et des bières avec l'ami Pilet et ses passions et les litres de flottes sur les pieds et les filles oeillades les mergez dans le pain la marche sans articulation des jets de pierre Popescu que j'ai appelé pour jeudi les autres la famille les mots que j'écris à la suite la fatigue la détente que je n'accepte pas le plaisir que je dénigre et les claques sur l'enfant j'ai menti aujourd'hui, pourquoi, j'ai amalgamé des événements c'est la chaleur la gueule de bois et ces clebs qui m'aboyaient dans le dos les réverbères le coca les clopes enfin dénichées les misères les confidences les réactions aux confidences là et ailleurs tiré au loin par des images revenantes 

cette carte postale datée de 1941, le 19 novembre, d'un ami à mon grand-père, une photographie du village de Fully des années 40, le clocher de l'église l'onde dans le ventre les champs au premier plan la vigne au-dessus et la Grande Garde au sommet à droite et cette phrase énigmatique: je suis toujours un peu seul sans toi d'homme à homme l'amitié l'amour des hommes le sentiment de lire une carte d'amoureux aveu homosexuel dérapage je danse sur du Bashung 

je suis toujours un peu seul sans toi 

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August 13, 2008

vent sur les côtes: frissons: dès le lever: chercher le goût: perforer la brume: petit soleil pale à Genève: brocante à Plainpalais: sortir le nez de la cage: respirer: second express: hier soir: maté nichon à sperme: vieux porno des années 80: de la vraie décadence: minable: du temps passe: un jour devant soi: composer: temporiser: manigancer: jouer: il faudrait: faire le nettoyage à fond: lire: quoi: ne rien lire: sous la couette: chercher des perspectives: des plis dans le matelas: en face: image dépassée: la vitrine d'une boucherie: nostalgie de la chair fraîche: sans célophane: 

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Juli 27, 2008

Matin midi de la gloriol: monde terrain remué: dimanche immonde: vastitude du visage: carte bleue des policemen: la préface écrite par Pierre Klossovski: rire de la Nelly: tonitruance dans l'oreille: oh réveil: je lis la bêtise et la satisfaction: alors oui: alors bon: Chesterton: souvenir de l'été rocaille 2008: quel souvenir: à se ronger le sang: donc: après-midi: dans l'appart de la copine de Luc: jour bleu pâle: le concombre pelé: Louis Poirier: Un balcon en forêt: les Ardennes: pas grand chose à l'horizon: je me dis que si je reste ici je fais au moins quelque chose: oh pas grand chose: mais quand même quelque chose: déjà écrit ça quelque part: répéter: ça aussi: je me dis dévie un peu la ligne: concentre-toi: misasme: je rêve: d'une plage et d'un parasol: de mon nom sur une couverture: d'un  fétu de silence: juste quelques mois: de répis: de repu: à bientôt la rentrée: il faudra écrire proprement: je me fortifie à la phrase: peut-être que cette année j'atteindrai le texte: pas sûr: Julien Gracq: croix en 2007: le pied nu sur la catelle: patte molle: la plaque à mettre dans le four: pas de nouvelle de Thierry: pas de mes nouvelles: étranger à soi-même: une banalité du vingtième: reconstruire le chaos: reculer devant la fournaise: il me faudrait trouver du job pour payer le loyer: fatigue face à l'avenir en creux sous tes aisselles: un grain de sel sur la plante des pieds: anti-dérapage: ce soir Bienne: régler les factures: dire bonjour dans le coin à Anne: m'incliner devant Wolfram: ranger les affaires: me casser: rempiler mes désirs: mes livres: mes ablutions: Paolo Conte: ça passe toujours: l'essentiel: après Gracq: quoi?: dégotter du lisible: Jules Verne: les seins petits de la fille aux yeux marrons: écarter tout: Valéry Larbaud: à la bouquinerie de l'ilot 13: rien de bon: Beauté, mon doux souci: la ligne parfaite:

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Juli 18, 2008

Matin de grinche: l'oreille des diogènes bouchée: été de la vase au bord de lac: ne pas tomber: ce principe unique: ne pas dégénérer: ils disaient: tenir: le pavillon de berne: sur l'océan de spermacide: écornifleur: montage d'association: je suis les groupes: quand elle lisait Artaud: c'était sublime: je me dis: sans le cesse: c'est là: c'est toi: devant une bière: au bord de lac: la mener à la lèvre basse: laisser couler: ne pas faire tomber: Colette Thomas: héroïne: oui: Colette: le chat noir entre ses jambes: le momo: vision des souvenirs: 17 heures: les pincements des pompes: secret: alors demain: comme si rien n'était: tenir encore un peu: devant l'écran: faire venir les mots: samedi: Popescu: disons aussi: par principe: 10 pages: des mots inconnus: allez: fouette: fouette: à côté: la voilà qui dort à présent: le genou rapé: brûlure: jadis: elle m'avait dit: non: plus rien: je ne sais pas pourquoi: j'ai baissé l'échine: j'ai pris la petite porte du Père Brown: partir: à Bienne: entre Anne et Wolfram: serrer les poings: Babel: chatouiller Nadia: la baiser comme le sauvage: rogner les bords: merde: la voix d'Aïcha: au téléphone: ses avenirs: la promesse: toujours : d'un aller d'un retour: Jules Renard: du coin de l'oeil: sur la jointure des joues: laisser: gagner sa vie: ne pas crever: dans l'infini de la page: c'est l'infini de la vie: déroulement: café: café: des tasses: matin des gibets: qui lira: qui lira: personne: une âme: Thierry: à Ovronnaz avec ses enfants: Michel à Paris avec Pamela Popo: j'éloigne: j'éloigne de moi: Dimitri Sandler: coup de fil: j'insiste au passé: refaire les gestes pour le café: une cigarette: au 97 rue Lausanne: sur le balcon: elle dort: bientôt midi: après-midi des démons: demeurer l'écran: demeurer là: des nouvelles aux météores: coup de boucane: tenir la gifle prête: Henri: les Vernet: une panoplie: j'éternue: ne me demandez pas pourquoi: j'agile les bras en l'air: c'est le matin des boucs: à la plaque: l'italienne : droite: le bec sifflera: lessive: descendre la poubelle: nettoyer: s'habiller: des efforts: quel sens: tenir: matin de caque: briser la cadence: il parâit: disons construire:

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Juni 25, 2008

Ca doit pourtant bien continuer quelque part. ( Ned Beaumont allume un cigare en fixant Madvig.) Quelque part dans l'ouest. Les trois pinocchio se sont en allés, trompette au nez, au bord de l'eau, paraît qu'il y a un écran. (Retour pour une nuit - le réveil sera chiant - dans la cellule) Je prépare mes Ave. L'eau - tiède tirant négligemment sur le froid - sur la peau nue: Merde encore un costume de foutu. J'emballe. Je lis le titre du polar: La clé en verre. Elle vient du rêve de Miss Henry; belle déhanche, la gamine. De l'aristocratie! Et la dent carrée. Le rêve: un couple-une forêt-un égarement-un cabane-à l'intérieur du rêve-des serpents-la clé sous le paillaisson. En verre. Ca se casse, évidemment. La gorge en feu pour une équation insoluble: clopes; chaleur; clim. Irritation: hémorroïde: Merde. Je tousse. Deuxième cigarette quand bien même pas le goût: j'insiste: j'ai des principes; vieux con! Donc à un moment de l'histoire Ned se fait magistralement casser la gueule. Méconnaissable. On le retrouve à l'hôpital. Le héros veut déjà se lever et poursuivre. L'infirmière intervient, comme dans tout bon film. Le faucon maltais: John Huston: Umphrey Bogart. Black and white. Pas loin, les gratte-ciel de New York: du moins ce qu'il en reste. Dans mon dos, des tours de livre: du poids, ils me regardent; je ne sais qu'en faire; les lire?; non!; ça jamais. Plutôt dormir.

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April 28, 2008

pleurer juste pour le plaisir

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April 17, 2008

Boucher les trous. Il faut boucher les trous. Remplir les trous de purée, de boue. Y fourrer toutes ses affaires. Ses crayons, ses cahiers, sa poupée, son sac de billes, son skateboard, ses skis, les pommes pourries de Conrad, la terre du Betet, toutes nos petites histoires, nos amours, les pieds de la Grande Bertha. 

C'est ce qu'il manque, c'est ce qu'il me manque, c'est ce qu'il nous manque, à manquer, c'est peu dire, c'est peu dire qu'il manque de ça, à remplir les trous, c'est important, tous les trous, tous les trous possibles, tout ce qui fait trou, c'est peu dire, mais le dire quand même, ça bouche les trous, tous les trous. Ce n'est pas rien: les chaussures bourrées dedans,  les voitures, bouchées,

les trous, il faut les boucher, à la pelle, à la cuiller, à la main, les boucher à la bouche.

A chacun son dépeupleur

cho Beck 

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