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oui oui tout le monde connaît ça qui n'a pas caché à revers lui un territoire au crayon un parc pour les enfants avec les tobogans les chevaux à bascule les balançoires le carré de sable et les bancs pour les mamans les friandises dans les poches le bouteille de sirop pour les 4 heures enfin le bonheur de l'insouciance et de la joie mais aujourd'hui si je trace au crayon quelques lignes insignifiantes ce sera pour une affaire plus sérieuse car voyez vous ils m'ont mandaté pour écrire un texte autour de la notion de territoire des gens de l'art contemporain pour qui les réseaux les flux et es concepts fusent comme des petits pains alors c'est avec sérieux que je me dois après une promesse orale pondre un petit texte autour de ce mot de territoire qui il faut bien l'avouer m'ennuie énormément et tandis que la demi de 4 heure va sous peu sonner le texte reste encore inabouti et qu'il me faut m'y mettre au plus bref instant alors que j'ai passé le reste de la journée à someiller dans mon lit à ruminer des rêves nouveaux insouciant à mon habitude au délai et contrainte mais pour une fois il s'agirait de ne pas décevoir de tenir pour un coup une promesse folle soit mais promise et de tracer ou de frapper des phrases sur ce sujet qui m'a l'air si technique et barbare et que je préférerais regarder des photos de filles nues en me grattant le bas du ventre, aller me promener dans un parc et admirer les mamans des petits enfants qui joues dans le carré de sable ou sur une balançoire m'allonger sur l'herbe de la fin du mois d'août et flaner le reste du temps dans les nuages à la recherche d'une forme fantasque et drolatique à la plce de quoi je dois me courber à circonscrire un sens autour des territoires moi qui me fourre tous les jours dans mon terrier pour fuir le soleil et le castor mon ennemi alors se pencher d'une coup et sans assouplissement sur une tache pareille c'est un peu comme c'est inhumain c'est inconséquent de ma part d'avoir osé presque par défit tenir une promesse de cette sorte surtout qu'il me reste pas mal de chantier en cours de route des chantiers que l'été m'a fait négliger repousser fignoler rabrouer tousser marcher sur l'eau non une promesse comme celle là c'est une pure folie par les temps qui courent et si je la trahirai je serai le plus infâme chenapan de tout le territoire
prendre possession du territoire cela ne va pas sans force ni sans arme il faut des tas de soldats en forme et équipés solides et de roc une armada en fer et le cri sauvage s'il en est non la possession du territoire comme celle de mon sujet est une affaire de héros et d'aventuriers de mercenaires et de priates de gens braves et courageux et non pas de cette canaille qui coule dans mes veines canaille aux dents carriées canaille de la pire espèce que jamais territoire n'a connu brigand soulard couille molle et autres
mais cette fois je voudrais juste pour me rigoler un peu tenir à ce que je ne tiens pas à cette image frelatée que je tiens devant les gens et à laquelle je ne crois pas le moins du monde tenir au contraire de moi-même car c'est cela que j'expose à tous les autres qui eux me croient avec gentillesse me poussent avec componction alors que j'aime dix mille fois mieux faire une sieste au beau milieu de l'après-midi que de devoir m'affronter à mes ambitions qui ne sont qu'un collage des grandes figures de ce monde passé présent futur
je me crois voyou avant tout grande gueule pour toujours et zéro pointé dans l'authentique que je repousse me revoilà donc couillon à devoir faire ce que je déteste par dessus tout me contraindre à un devoir quand bien même ma promesse fut sincère merde et merde me revoilà encombré dans mon propre piège à moules et cela me donne à penser à ces frites et ces moules que j'avais aspiré l'autre année à Paris où je m'étais fait un petit voyage gastronomique dans la captiale des capitales Paris ma belle Paris mon beau gibet
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vaguement la tête dans les nuages la journée fut belle calme élégante le Rhône limpide majestueux vaste la promenade agréable légère le train proche bruyant fort l'après-midi suave ardent et mou au retour la fatigue à revers dans l'appartement un chambre nouvelle une nouvelle adresse les meubles placés les livres à l'arrière le soleil tombe restant des lueurs ici commence une aventure une ballade une promenade et des péripéties la femme est absente cette nuit alors dans la solitude des premiers septembre j'élabore des plans qui me mèneront autre part dans le tout de l'ailleurs je vagabonde le corps plié et des projets auxquels je m'initie c'est le moment critique où peuvent venir aux yeux les larmes et tout le passé ressurgir dans une seule et unique image impossible à recevoir ce pourrait être un autre regard sur le sublime je sais bien que personne ne vient lire ces lignes et que ce blog ressemble mieux au journal le plus intime et secret que je n'aie jamais entrepris peut-être que Urs viendra quand même un coup jeter un oeil sur ces lignes molles et insignes mais tant pis le secret ne sera pas plus dévoilé car cela fait depuis la nuit des temps que le détenteur du secret sait qu'il n'y a rien dans les poings qu'il serre dans son dos le vide du secret passer dans un différent élément prendre une douche nettoyer le passé proche oublié ce que hier ai-je fait et se remettre au combat ouvrir un volet une bataille l'épingle à nourrice les dents perdues le claquement des portes au-dessus l'avenir qui ne cesse d'approcher indémontrable
cette nuit au Shrak dans la foule des gens et des bières avec l'ami Pilet et ses passions et les litres de flottes sur les pieds et les filles oeillades les mergez dans le pain la marche sans articulation des jets de pierre Popescu que j'ai appelé pour jeudi les autres la famille les mots que j'écris à la suite la fatigue la détente que je n'accepte pas le plaisir que je dénigre et les claques sur l'enfant j'ai menti aujourd'hui, pourquoi, j'ai amalgamé des événements c'est la chaleur la gueule de bois et ces clebs qui m'aboyaient dans le dos les réverbères le coca les clopes enfin dénichées les misères les confidences les réactions aux confidences là et ailleurs tiré au loin par des images revenantes
cette carte postale datée de 1941, le 19 novembre, d'un ami à mon grand-père, une photographie du village de Fully des années 40, le clocher de l'église l'onde dans le ventre les champs au premier plan la vigne au-dessus et la Grande Garde au sommet à droite et cette phrase énigmatique: je suis toujours un peu seul sans toi d'homme à homme l'amitié l'amour des hommes le sentiment de lire une carte d'amoureux aveu homosexuel dérapage je danse sur du Bashung
je suis toujours un peu seul sans toi
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Boucher les trous. Il faut boucher les trous. Remplir les trous de purée, de boue. Y fourrer toutes ses affaires. Ses crayons, ses cahiers, sa poupée, son sac de billes, son skateboard, ses skis, les pommes pourries de Conrad, la terre du Betet, toutes nos petites histoires, nos amours, les pieds de la Grande Bertha.
C'est ce qu'il manque, c'est ce qu'il me manque, c'est ce qu'il nous manque, à manquer, c'est peu dire, c'est peu dire qu'il manque de ça, à remplir les trous, c'est important, tous les trous, tous les trous possibles, tout ce qui fait trou, c'est peu dire, mais le dire quand même, ça bouche les trous, tous les trous. Ce n'est pas rien: les chaussures bourrées dedans, les voitures, bouchées,
les trous, il faut les boucher, à la pelle, à la cuiller, à la main, les boucher à la bouche.
A chacun son dépeupleur
cho Beck
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