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Bourriez :: Blog

Februar 25, 2009

Retour dans la gueule, baton du pélerin à la barbe ah! la barbe

Ses cheveux je les aurais dans les yeux et ses yeux dans mon coeur, ah! le mal de mer

Quelqu'un disait, une jeune fille je crois, qu'elle écrivait dans la douleur, ça non!

Mais quand même (ça c'est moi) je me concentre (elle disait qu'elle avait envie de pleurer), ah l'histoire!

les dernières images les derniers mots penaud, penaud, inscrits, Ah jamais!

c'est moi ce soir qui pleure, ses yeux, ses cheveux, et ce regard!

était-ce un échange, passez!, mais passez votre chemin! 

Il y avait une fois, à la maison de l'herbe, un jeune couple qui s'aimait, et un balcon où l'homme après l'amour fumait une cigarette en réfléchissant à demain. 

" L'ai-je connu? Qui était-ce vraiment? Si peu, si court! si loin!"

Une rencontre, malencontreuse, qui n'aurait pas eu lieu d'être, Pourquoi? 

et les larmes hypocrites, assissines! Les souvenirs " de si beaux souvenirs"

Moi moi Moi! Je me sens perdu comme ces intensitées qui me reviennent ce soir, ces flux qui fuient fluides

et pourtant, il y a une raison à cela, justement ah! une raison!

je me suis tu 

 

( et avant de me coucher, je me suis laver sagement les dents)

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Januar 29, 2009

Comme si, il s'agissait de reprendre depuis le début de ma deuxième naissance. Il est vrai que je passe le plus clair de mon temps à rêver allongé sur le lit, sous la couette que j'enroule soigneusement autour de moi. Je rêve, mais avant de sommeiller, des souvenirs viennent me bercer, et des images que je croyais perdues ou inaccessibles surgissent devant moi. Il est vrai aussi que quand je ne dors pas, il m'arrive, ces temps-ci, de m'abîmer dans la littérature fin de siècle: Huysmans, Vlliers de L'Ilse-Adam, Jules Laforgue, Stéphane Mallarmé. Je me recouvre d'un velouté de poussières, de tentures, de lierre, de mousse. Et de ce va-et-vient, entre le somme et la lecture, je ne suis pas toujours sûr de ma réalité.

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Januar 02, 2009

fin d'après-midi début 2009 buffet de la gare de Genève me tape un express dans la détente du jour

jour gris froid dehors tandis qu'ici chaud des gens des touristes qui attendent leur train provenance et destination

fin d'après-midi à l'heure où chez grand-mère on prend le thé des biscuits une tarte de saison où les filles - mes tantes - se retrouvent, berceau de la famille 

même ici les gens paraissent calme reposé il y a l'absence de bataille

je n'écoute pas ce qu'ils disent - j'écoute de la musique: je fais monde à part

à part soi

la lumière électrique me plaît elle est douce elle est chaude une fragrance des fêtes qui s'en vont

Il y a toujours un joli visage à regarder une histoire à inventer: je n'ai jamais su inventer

pas encore: l'imagination me sert à autre chose: le souvenir, la mémoire

Que ferai-je plus tard? - Etendue infinie de l'espace 

qui toujours me crispe me serre m'empoigne...

j'apprends à faire de grande respiration à ouvrir la cage thoracique

je fais des efforts pour oublier

le corps des autres pour ne pas oublier les limites

les surfaces

les lignes

tenir me retenir ne pas chuter

ou alors doucement comme de la buée

comme une étoile 

comme toujours

bientôt

je serai aussi vivant que vous

aussi insignifiant

bien sûr cela prendra du temps 

de la peine

mais pour vous ressembler

je serai prêt à me renier

julien irlande 2.pdf  

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Dezember 15, 2008

les mots - qui dit les doux?- coulent en déconfiture dans les rainures du cahier tranché. Et tombe sur eux une obscure.

Je reviens sur mes pas que je piétine pour brouiller la piste. Je me perds en moi-même - c'est récurrent! L'usure des traces et la poussière qui les recouvre. Je rabaisse une branche de noisetier pour faciliter mon chemin. Elle tremble après dans mon dos.

Les mots crépitent sous la cendre tiède d'un feu entre les cailloux. Les mots qui filent l'obscurité du dehors. 

Je marche en équilibre sur la crête de la falaise sans oser regarder vers le bas.

Ils surgissent - nous! 

comme une meute de coyotes malingres

je place mon bras devant mon visage  - ils fusent: les mots contre la rocaille!

et je crie: momoi! momoi! 

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November 25, 2008

 

du petit chemin blanc qui se rendait à Murieux; du coucher de soleil au retour qui décrocha une ancienne larme;  de son visage retourné quand elle marchait devant; de l'odeur du crottin de cheval qui rappelle la terre; de l'évidene qui nous faisait arrêter le pas; de l'oblique des paroles vers demain; des parties d'échecs sous l'orme, la tasse de thé refroidi; du lierre sur la façade; du crapaud sur lequel nous étions assis; au silence au désir; à la promesse non avouée; mal dite; au soir qui tombe sur le front et qui écorne la mèche; au piano désaccordé "tapissé de mousse"; aux notes qui imitaient le saule au bord duquel nul étang; nulle mélopée; à la maison Bel Air à son plancher à sa plante tordue de la salle à manger au tapis usé effiloché piétiné; au bord de la fenêtre contre un rayon de soleil le dernier jour le pull vert en laine; au café du Soleil au zinc aux deux tabourets à la fatigue à l'envie; aux paroles au bout de la nuit aux bribes et à l'éclat de rire encore à la fatigue à l'épuisement; au petit-déjeuner à huit heures à la tranche fraiche du gros pain blanc à la confiture rouge à la cerise à la prune; à la patience du jours gris près du poële vers la fin de l'après-midi; au rouge bu avec insitance les soirs les nuits les matins; à la langue déliée râpée usée rouge; au tenir au lieu ave resistance; à la timidité de l'adieu dans la séparation des lignes ferroviaires; aux morceaux passés qui nous retiennent à l'arrière de nous-mêmes; aux hennisements reproduits par l'acteur à la voix maquillée aux bières disparues; à la littérature qui nous servit de miroir à défaut de mémoire; à la peau blanche que nous n'avons pas effleurée; aux vacherins dans le four à la faim paysanne aux creux dans le corps; à cette nouvelle et jamais connue nuit qui arrive; à la pipe délaissée et tombée, qui a roulé sous le guéridon brûlure de la paillasse auréole sombre; à cette vie improbable à laquelle nous tenons sans savoir pourquoi nous y allons sans se demander; au bouleversement des rencontres des regardes espacés; à la crainte d'arrêter de peur que tout s'arrête à l'injonction de poursuivre sans trêve à l'illusion d'être quelque chose; à la racine qui nous fait rendre la raison; à la liane autour du coup à la dernière respiration au cri qui n'ébranle nul mur; à la solitude qui nous comble qui nous divise qui nous sépare qui nous met au pied des tranchées; à la crevasse à la bouchère à la brèche aux représailles; 

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November 21, 2008

Je ne sais pas comment te faire et à chaque que je m'y essaie, l'instant d'après tu te défais sous mes yeux, comme un bracelet de perles rompu. Et qui rebondissent sur le parquet de la salle en écho de mémoire.

Misère! 

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September 29, 2008

Heureusement que les murs laissent passer les voix...et qu'elles retiennent la chute...si tous les murs étaient des rideaux de jasmin...si toutes les fenêtres perdaient leurs carreaux...la chute serait moins pénible...on se sentirait soutenu...ce serait une autre manière de tenir ensemble...ce n'est pas impossible...ce n'est pas seulement fou...on a bien vu des fleurs pousser dans les tuyauteries...dans les gouttières...

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September 27, 2008

Me revoilà Bourriez en chair et en os je m'habille tire la langue je suis prêt un nouveau commencement de la journée la grisaille annonce à Bourriez une journée du tonnerre rester dedans rester sous la couette dormir couiner balbutier grogner va falloir tenir hier avec le grand et infime Thierry que j'appellerai Gaspard parce que je sais que dans un des recoins de la toile il avait inscrit ce nom alors Gaspard crâne rasé de dos au buffet de la gare de Lausanne une Marylong entre les lèvres entre les doigts salut trois bec sur la joue je suis crevé tiens moi aussi Gaspard fait partie des grands carnivores quasi un carnassier mais ce soir les dents se gâtent alors il mangera  un couscous pour végétariens Je suis Bourriez j'ai enfilé ma tenue je m'expose je roule j'écoute parce que je n'ai mais je n'ai absolument rien à dire cela m'arrive certaine nuit c'est vrai et il faut savoir bien se tenir parce que Bourriez a rencontré la grande liseuse à l'oeil vif et rapide alors il ne faudrait pas tout laisser tomber sous peine de passer pour un fanfaron un benêt une racaille Bourriez je me dis Bourriez ne va pas trop vite en besogne tu risquerais de te fouler une maléole non Bourriez vas-y tranquille molo tout doux une idée après l'autre sinon ce sera dispersion et qui dit dispersion dira plâtrier peintre et tu finira sur les chantiers à disperser tes idées en blancs sur les murs du caractère du caractère et du caractère sinon ce sera dans le bidon la gueule goudronnée de l'ong en large et ce n'est pas fmaeux d'avoir la gueule goudronnée de long en large les voitures te rouleront dessus tu seras tout aplati le corps en accordéon aussi fin qu'une feuille jaune et sèche non Bourriez soit un peu pus ambitieux prends de l'épaisseur rajoute une ou deux couches à la ligne mange du pain mange du pain et tu deviendras quelqu'un

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September 19, 2008

je ne suis pas un écrivain...quel soulagement...moi qui était certain de l'être...comme l'hypocondriaque est certain d'avoir telle et telle maladie...bon dieu, mais c'est une délivrance...vivre légèrement sans le souci de se demander perpétuellement ce que l'on va bien pouvoir écrire ce coup-ci...non je ne suis pas un écrivain...une erreur d'appréciation...une herméneutique qui a mal tourné...un cauchemar qui se termine par le réveil salutaire...aujourd'hui dimanche...changer d'habitude parce que je ne suis plus écrivain...remettre à jour ma vie...et c'est ma femme qui va être contente...elle qui me disait sans cesse qu'écrire ce n'était pas un vrai travail...qu'on ne gagnait pas sa vie en écrivant à moins d'être un génie...ma bobinette...une vraie mère pour moi...qui sait mieux que moi ce qui est bon pour moi...qui sait...qui me connaît mieux que moi-même...elle en fera une tête quand je lui annoncerai cela...ne plus être écrivain c'est se rendre accessible à la vie...cela la rend plus tolérable...plus heureuse...ne plus être...c'est agréable...je ressens d'ailleurs les premiers effets de cette révélation...je me sens plus léger...je me sens souple....élastique...j'ai envie d'aller courir...de rire...de faire tout plein de chose...je pourrais par exemple aller au cinéma et ensuite aller me promener au parc...ah oui quelle joie...

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September 12, 2008

besoin de parler...envie de parler...j'hésite sur le rapport...besoin de parler parce que ça fait des jours que je ne parle pas...envie de parler parce que cela procure du plaisir...surtout si cela fait des jours que je ne parle pas...et à personne...alors les deux...ce qui me donnerait une double raison de vouloir parler...une raison aurait suffi...mais deux raisons ajoutent plus de raison à mon désir de parler...vouloir parler...désirer parler...ce n'est pas tout à fait la même chose...je veux parler parce que ça fait des jours que je ne parle pas...je le décide ainsi...j'en fais un choix délibéré...soigneusement pesé...et je désire parler parce, du fait que ça fait des jours que je ne parle pas, j'ai envie de parler...c'est-à-dire que je compte obtenir du plaisir en parlant...pour compenser ce lot de déplaisir que je compluse depuis plusieurs jours...deux raisons de parler dont l'une n'est pas raisonnable...vouloir parler c'est raisonnable...dans le sens que c'est au sein de la raison que ce fait la délibértion du choix de parler...désirer ça se passe ailleurs...à fleur de peau...une raison et une déraison de parler...car il faut ajouter que je peux parler...car je sais parler...je peux parler parce que j'en suis capable c'est-à-dire que j'ai tout ce qu'il faut pour parler...et je sais parler parce que j'ai appris à le faire...c'est-à-dire que j'ai appris à me servir des moyens qui me rendent capable de parler...

je me demande si depuis l'écriture il était possible de parler...vous m'entendez?...je parle!...je parle? 

Y a quelqu'un?! Ohé! Y a personne?!

 

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